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L’aspirine se découvre de nouvelles propriétés.

L’aspirine se découvre de nouvelles propriétés.

26, mar 2012

Deux nouvelles publications sorties mardi dernier confirme que prendre de l’aspirine tous les jours peut réduire considérablement le risque de cancers et même d’empêcher les métastases de se propager. Les résultats viennent s’ajouter à un ensemble de preuves suggérant que l’aspirine qui reste un médicament bon marché et  facilement disponible peut être une arme puissante, malgré quelques effets secondaires, dans la bataille contre le cancer .
Cependant, tout n’est pas rose, et les résultats de recherche posent aussi des problèmes aux médecins et aux responsables de la santé publique, car des doses régulières d’aspirine peuvent provoquer des saignements gastro-intestinaux et avoir d’autres effets secondaires. Des études antérieures ont même révélées que les inconvénients de l’utilisation quotidienne peuvent l’emporter sur les avantages, en particulier chez des patients sains.

Une des nouvelles études (1) a examiné les données concernant plusieurs études (métadonnées, donc) portant sur ​​des dizaines de milliers d’hommes et de femmes. Les chercheurs de l’Université d’Oxford ont constaté que, après trois ans de prise quotidienne d’aspirine, le risque de développer un cancer a été réduit de près de 25% par rapport à un groupe témoin ne prenant pas d’aspirine. Après cinq ans, le risque de mourir du cancer a été réduit de 37 % pour ceux prenant de l’aspirine.

Une deuxième étude (2) a analysé cinq grandes études randomisées et contrôlées en Grande-Bretagne. Elle a révélé qu’après plus de six ans et demi, en moyenne, de prise quotidienne d’aspirine, on observe une réduction du risque de cancer métastatique de 36% et du risque d’adénocarcinomes, y compris du côlon, du poumon et de la prostate, de 46%. Ces études ont également confirmé que la prise quotidienne d’aspirine réduit le risque de progression métastatique, en particulier chez les patients atteints d’un cancer colorectal.

Ces deux études, dirigées par le Dr Peter Rothwell, professeur de neurologie clinique à l’Université d’Oxford, ont été publiées dans la revue médicale The Lancet. Une troisième (3) également rédigée par le Dr Rothwell et ses collègues, publiée dans The Lancet Oncology, compare les résultats des études observationnelles et des essais randomisés de l’aspirine .

Pour le Prof Rothwell, « ce qui surprend vraiment en termes de prévention est la réduction de 75% de la prévalence dans le cancer de l’œsophage et la réduction de 40 à 50% dans le cancer colorectal, qui est le cancer le plus fréquent en ce moment ». Il pense qu’ »en termes de prévention, toute personne ayant des antécédents familiaux serait malin de prendre de l’aspirine.

Les nouvelles preuves concernant le potentiel préventif de l’aspirine met les prestataires de santé dans une situation embarrassante, car il y a un revers de la médaille: l’aspirine augmente le risque non seulement de saignements gastro-intestinaux, mais aussi des accidents vasculaires cérébraux hémorragiques.

Les nouvelles études ont cependant relativisé ce risque puisqu’il a été également constaté que le risque de saignement chez les utilisateurs de l’aspirine diminue au fil du temps, et que le risque de décès par hémorragies cérébrales était en réalité plus faible chez les utilisateurs d’aspirine que dans le groupe témoin.

« Je pense qu’il est à quelque chose. Je veux juste être prudent, et je ne veux pas exagérer « , a déclaré le Dr Otis W. Brawley, directeur médical et vice-président exécutif de l’American Cancer Society.  »Je ne suis pas prêt à dire que tout le monde devrait prendre une aspirine pour bébés par jour pour prévenir le cancer. »

Ces essais cliniques randomisés  n’étaient pas axés sur la prévention du cancer, elles étaient seulement destinées à étudier les effets de l’aspirine sur la prévention des maladies cardiaques. Du coup certains experts soulignent que l’utilisation des résultats à la prévention du cancer peut être sujette à caution.

Références.

1/ Short-term effects of daily aspirin on cancer incidence, mortality, and non-vascular death: analysis of the time course of risks and benefits in 51 randomised controlled trials

Prof Peter M Rothwell, Jacqueline F Price,, Prof F Gerald R Fowkes, Prof Alberto Zanchetti, Maria Carla Roncaglioni , Prof Gianni Tognoni, Robert Lee, Prof Jill FF Belch, Michelle Wilson, Ziyah Mehta, Prof Tom W Meade

Abstract. Allocation to aspirin reduced cancer deaths (562 vs 664 deaths; odds ratio [OR] 0·85, 95% CI 0·76—0·96, p=0·008; 34 trials, 69 224 participants), particularly from 5 years onwards (92 vs 145; OR 0·63, 95% CI 0·49—0·82, p=0·0005), resulting in fewer non-vascular deaths overall (1021 vs 1173; OR 0·88, 95% CI 0·78—0·96, p=0·003; 51 trials, 77 549 participants). In trials in primary prevention, the reduction in non-vascular deaths accounted for 87 (91%) of 96 deaths prevented. In six trials of daily low-dose aspirin in primary prevention (35 535 participants), aspirin reduced cancer incidence from 3 years onwards (324 vs 421 cases; OR 0·76, 95% CI 0·66—0·88, p=0·0003) in women (132 vs 176; OR 0·75, 95% CI 0·59—0·94, p=0·01) and in men (192 vs 245; OR 0·77, 95% CI 0·63—0·93, p=0·008). The reduced risk of major vascular events on aspirin was initially offset by an increased risk of major bleeding, but effects on both outcomes diminished with increasing follow-up, leaving only the reduced risk of cancer (absolute reduction 3·13 [95% CI 1·44—4·82] per 1000 patients per year) from 3 years onwards. Case-fatality from major extracranial bleeds was also lower on aspirin than on control (8/203 vs 15/132; OR 0·32, 95% CI 0·12—0·83, p=0·009).

2/ Effect of daily aspirin on risk of cancer metastasis: a study of incident cancers during randomised controlled trials

Prof Peter M Rothwell, Michelle Wilson, Jacqueline F Price, Prof Jill FF Belch, Prof Tom W Meade, Ziyah Mehta
Abstract: Of 17 285 trial participants, 987 had a new solid cancer diagnosed during mean in-trial follow-up of 6·5 years (SD 2·0). Allocation to aspirin reduced risk of cancer with distant metastasis (all cancers, hazard ratio [HR] 0·64, 95% CI 0·48—0·84, p=0·001; adenocarcinoma, HR 0·54, 95% CI 0·38—0·77, p=0·0007; other solid cancers, HR 0·82, 95% CI 0·53—1·28, p=0·39), due mainly to a reduction in proportion of adenocarcinomas that had metastatic versus local disease (odds ratio 0·52, 95% CI 0·35—0·75, p=0·0006). Aspirin reduced risk of adenocarcinoma with metastasis at initial diagnosis (HR 0·69, 95% CI 0·50—0·95, p=0·02) and risk of metastasis on subsequent follow-up in patients without metastasis initially (HR 0·45, 95% CI 0·28—0·72, p=0·0009), particularly in patients with colorectal cancer (HR 0·26, 95% CI 0·11—0·57, p=0·0008) and in patients who remained on trial treatment up to or after diagnosis (HR 0·31, 95% CI 0·15—0·62, p=0·0009). Allocation to aspirin reduced death due to cancer in patients who developed adenocarcinoma, particularly in those without metastasis at diagnosis (HR 0·50, 95% CI 0·34—0·74, p=0·0006). Consequently, aspirin reduced the overall risk of fatal adenocarcinoma in the trial populations (HR 0·65, 95% CI 0·53—0·82, p=0·0002), but not the risk of other fatal cancers (HR 1·06, 95% CI 0·84—1·32, p=0·64; difference, p=0·003). Effects were independent of age and sex, but absolute benefit was greatest in smokers. A low-dose, slow-release formulation of aspirin designed to inhibit platelets but to have little systemic bioavailability was as effective as higher doses.
Annemijn M Algra, Prof Peter M Rothwell