La science dans tous ses états

Violences domestiques, un impact à long terme sur le cerveau des enfants.

Violences domestiques, un impact à long terme sur le cerveau des enfants.

7, déc 2011

Aujourd’hui, je vous propose  un article beaucoup plus terre à terre que les précédents, sur un sujet sérieux.

Des chercheurs de l’University College London ont publié dans Current Biology (voir référence et article complet en bas de page) une étude montrant que les cerveaux des enfants vivant dans une ambiance familiale violente réagissent de manière comparable à celui de soldats au combat. Dans les deux cas, le cerveau devient de plus en plus méfiant face aux menaces potentielles, une sorte d’adaptation de leur cerveau aux dangers cachés de leur environnement.

Toujours selon cette étude, cette adaptation chez les enfants peut engendrer des problèmes de santé mentale parce qu’ils sont encore en train de se construire. Il a été montré que les personnes ayant souffert enfant d’abus ou ayant été témoins de violence domestique ont plus de risques de développer de l’anxiété et des dépressions en fin de vie.

Les expériences.

Les scientifiques ont réalisées des examens en IRM cérébrale sur une vingtaine d’enfants issus des services sociaux, d’environ 12 ans, ayant été exposés à la violence à la maison. L’expérience a leur faire observer dans l’IRM des photos de visages d’hommes ou de femmes avec des expressions différentes, tristesse, calmes ou colère. Les résultats obtenus ont été comparés à ceux d’enfants n’ayant aucun antécédent de violence familiale.

Les enfants exposés à la violence ont répondu d’une manière distincte face aux visages en colère. Leurs cerveaux montraient une activité accrue dans deux régions associées à la détection des menaces, l’insula antérieure et l’amygdale.

Des recherches antérieures, basée sur des IRM fonctionnelles, ont montré une tendance similaire dans le cerveau des soldats exposés à des combats violents. Les scanners suggèrent que les vétérans et les enfants témoins de violence adaptent leurs cerveaux pour être hyper-conscients du danger. Une sorte d’instinct de survie.

Par ailleurs, l’insula antérieure et l’amygdale sont aussi des zones du cerveau impliquées dans les troubles anxieux.

L’adaptation neuronale dans ces régions pourrait aider à expliquer pourquoi les enfants exposés à la violence familiale ont plus de risques de développer des formes sévères d’anxiété plus tard dans leur vie.

Référence.

Heightened neural reactivity to threat in child victims of family violence
Eamon J. McCrory, Stéphane A. De Brito, Catherine L. Sebastian,Andrea Mechelli, Geoffrey Bird, Phillip A. Kelly and Essi Viding. Article complet